Le taux d’absentéisme atteint 4,68 % en 2025 selon l’Observatoire des arrêts de travail Apicil. Ce niveau record invite à regarder au-delà des seuls arrêts : les conditions de travail, l’usure professionnelle, les risques psychosociaux et le maintien dans l’emploi sont au cœur de la prévention.
Les chiffres essentiels
Le taux d’absentéisme progresse par rapport à 2024 et dépasse le précédent pic observé en 2022. Cette mesure correspond à la part du temps de travail perdue du fait des absences ; elle ne dit pas, à elle seule, pourquoi les salariés s’arrêtent.

Évolution du taux d absentéisme dans les entreprises françaises. Source : Observatoire Apicil 2026.
Les arrêts de 90 jours et plus représentent désormais plus de la moitié du taux d’absentéisme. Dans le même temps, 27,68 % des salariés ont connu au moins un arrêt en 2025. Le micro absentéisme, défini ici comme les arrêts de moins de trois jours, atteint 23,55 % du total des arrêts.
Pour les arrêts de plus de 30 jours, 73,29 % sont liés à des troubles psychiques ou à des troubles musculosquelettiques (TMS). Ces données plaident pour une analyse du travail réel, de sa charge et de ses contraintes, plutôt que pour une réponse centrée sur le contrôle des absences.
Des situations de travail inégalement exposées
Les écarts entre catégories professionnelles sont marqués. Ils peuvent refléter des expositions distinctes : pénibilité physique, contraintes horaires, autonomie, charge émotionnelle ou possibilités d’adaptation du poste. Une donnée globale doit donc être complétée par un diagnostic par métier, unité de travail, âge et sexe, dans le respect de la confidentialité.

Taux d absentéisme 2025 par catégorie professionnelle. Source : Observatoire Apicil 2026.
Quel rôle pour le CSE et la CSSCT
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Instance
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Contribution face à l’absentéisme
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CSE
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Demande et examine des informations collectives et anonymisées ; analyse les risques et les effets sur les conditions de travail ; formule des propositions de prévention ; rend les avis lors des consultations qui le concernent.
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CSSCT
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Prépare et approfondit le travail sur le terrain selon la délégation reçue : visites, étude de situations de travail, suivi d indicateurs, propositions de prévention et préparation des travaux du CSE.
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Employeur
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Reste responsable de la protection de la santé et de la sécurité. Il évalue les risques, met en œuvre les mesures de prévention et présente les éléments nécessaires au dialogue social.
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Le contenu précis de la délégation, les moyens et les modalités de fonctionnement de la CSSCT sont fixés par l’accord d’entreprise ou, à défaut, par le règlement intérieur du CSE.
Des pistes de travail concrètes
Suivre des indicateurs collectifs et anonymisés : fréquence, durée, motifs agrégés, métiers, unités de travail et évolutions dans le temps.
Mettre en discussion les situations qui favorisent l’usure : gestes répétitifs, manutention, horaires, effectifs, intensité du travail, changements d’organisation et charge émotionnelle.
Prévenir les risques psychosociaux et les TMS en associant les salariés concernés à la recherche de solutions.
Préparer les reprises après arrêt long : entretien de liaison, visite de reprise lorsque nécessaire, adaptation du poste et progressivité de la reprise.
Évaluer les actions engagées : une baisse durable ne se mesure pas seulement par le nombre d arrêts, mais aussi par l amélioration des conditions de travail et du maintien dans l’ emploi.
Repères et sources
Données : Apicil et JLO, Observatoire des arrêts de travail 2026, publié le 24 septembre 2026.
Cadre collectif : Code du travail, articles L2312 9 et L2315 38.
Didier FORNO
Expert-comptable spécialisé dans les CSE
CEOLIS
Publié le 16/10/2026